10 septembre 2009

Sortie de livres : Théâtre

"Sur la braise" une adaptation du roman de Henri Djombo                                                                      par Mue M'Puati Luemba.                                                                                                            Editions HEMAR de Brazzaville

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14 août 2009

Impressions sur la place qu'occupe les informations culturelles dans les journaux et les magazines au Congo Brazzaville.

Ceci n'est pas une grande étude sociologique, seulement quelques remarques par rapport à la presse que j'ai pu acheter pendant deux séjours (mai et juillet 2009) à Brazzaville et quelques journaux que j'avais déjà reçu depuis un certain temps.

Une étude sur un laps de temps plus long pourrait sans doute corriger ce que je pense actuellement.

Je suis assez surpris du fait que la culture est le parent pauvre dans la presse écrite dont les différents titres sont nombreux. J'ai comptabilisé 35 titres, ce qui est beaucoup pour un pays africain et même européen (Ceci ne concerne pas la presse spécialisée).

Il y a parfois des informations sur des groupes musicaux, ce qui est normal puisque c'est l'art majeur en Afrique (surtout à l'occasion du Festival  Panafricain de Musique - FESPAM - qui a lieu tous les deux ans), mais presque rien sur l'activité artistique comme la littérature, les arts plastiques, le théâtre, le cinéma, la poésie, la photographie, etc...

Evidemment, une grande exception est le quotidien "Les Dépêches de Brazzaville" avec une place importante réservée à la culture et surtout avec ses n° spéciaux très intéressants sur la littérature (C'est le seul quotidien du pays. Les autres titres sont des hebdomadaires, des mensuels ou bimensuels).

D'autres journaux et magazines ont aussi des pages culturelles ou abordent parfois ces questions : La Semaine Africaine, Basango, Avant-Garde, Les Cahiers de l'Avenir, Le Nouveau Regard, Le Choc, Les Echos du Congo.

La grande absence d'informations culturelles (sauf erreur de ma part) concernent surtout les titres suivants : Grands Lacs, Talassa, Le Patriote, La Rue meurt, Epanza, Le Baobab, Congo Ya Sika, Tam-Tam d'Afrique, L'Agenda, Le Fanion, L'Observateur, Le Défi Africain, Eveil d'Afrique, Poto-Po-Toi, Le Nouvel Observateur d'Afrique, La Nouvelle République, Le Trottoir, La Raison, Ntsie, Pari Africain, L'Evénementiel, Le Manager, Capital, La Griffe, L'Alima, Mibeko, Emmanuel.

L'édition de journaux et de magazine coûte cher et les rédactions de nombreux d'entre-eux doivent sûrement être assez réduites, même parfois rédigées par un ou deux journalistes.

Les prix de vente sont aussi significatifs. Les Dépêches de Brazzaville sont largement vendues parce que le prix est de 100 CFA (0,16 €). Les autres journaux et magazines varient de 500 CFA (0,77 €) à 2.000 CFA (3 €). Ceci démontre que beaucoup de titres ont des difficultés d'existence et ne peuvent pas vendre leur n° à un prix réduit.

Ce qui est encouragent c'est de voir que la liberté de la presse existe largement (Les critiques politiques ou sociales sont nombreuses), mais ce qui est dommage c'est la faiblesse laissé à la culture.

Il y a pourtant beaucoup de jeunes capables de très bien écrire, mais qui faute de moyens suffisants pour les rédactions, ne peuvent les engager ou les rétribuer ponctuellement.

Il y a peut-être aussi un manque de conscience dans la profession journalistique pour les questions culturelles et artistiques qui sont pourtant un atout majeur pour le développement intellectuel et philosophique d'un pays qui compte, il faut le souligner, un grand nombre de créateurs et d'activités culturelles.

Vive la politique, le social, l'économie, le sport, la musique, la danse, la sape... mais n'oublions pas les différentes formes d'activités culturelles !

Marc Somville (Belgique)

Manager le l'artiste peintre et sculpteuse de Brazzaville Rhode Bath-Schéba Makoumbou.

http://www.rhodemakoumbou.eu

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15 juin 2009

Affiche

Fête africaine de la Bibliopirogue 3e édition

PROGRAMME :

Samedi 4 juillet 2009

12h00 : La Ménitré :Départ de la Bibliopirogue

              Navigation sur la Loire avec la pirogue « Brigitte ».  Chants et percussions africaines

14h00 : Saint-Mathurin-sur-Loire :Halte de la pirogue « Brigitte ».

                                                                                                  Chants et percussions africaines

15h00 : La Bohalle : Halte de la pirogue « Brigitte ». Chants et percussions africaines

16h00 : La Daguenière : Arrivée de la pirogue « Brigitte »

17h00 : Percussions : LES PERCUS DE LA DAGUE

                    (présentation du travail des enfants de l’atelier percussions de Georges M’Boussi)

18h00 : Théâtre pour enfants « La louche en or »

de et avec Véronique Essaka-De Kerpel accompagnée de Ludovic Ngoma .

COMPAGNIE VOLUBILIS

19h00 : Musique : Les Percussions des KORE DUGA

20h00 : Théâtre pour adultes « Le fantôme du quai d’en face »

de et avec Guy Alexandre SOUNDA. Mise en scène Rubia Matignon

21h00 : Musique Gnawa.  COMPAGNIE GNAWAFRICA

22h00 : Musique :Toups Bebey et  Linda Gonin .COMPAGNIE CULTURES SUR ORBITE

23h00 : DJ Sylvain Tchicaya

Dimanche 5 juillet 2009

   11h00 : ateliers pour les enfants

   12h00 : Percussions HERE MANKONO YAASOAMA 3,

Puis pique-nique sur l’herbe avec quelques artistes.

N’hésitez pas à venir partager votre pique-nique avec nous, vous serez les bienvenus !!!

Pendant les spectacles, ouverture de stands : association les petites caravelles, jeux, bricolage, vente d’artisanat, arbre à palabre (bibliothèque de La Daguenière),

Bibliobus Itinéraire Sud

Restauration sur place, fouées de P. Blanchard

Renseignements : tél : 02 41 72 54 63

                              Site : zenga-zenga.com

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04 juin 2009

la Bibliopirogue 2009

Cette année la fête africaine de la Bibliopirogue aura lieu pour la 3e édition
Samedi 4 et dimanche 5 juillet 2009
La pirogue partira le samedi de La Ménitré pour arriver vers 16h00 à La Daguenière (port maillard).         
Elle n'en repartira que le lendemain (dimanche) dans l'après midi.
Au programme des festivités (sur l'aire de camping de La Daguenière) :
Percussions et chants africains, théâtre pour enfants et adultes, contes, danse, musique Gnawa, jeux , ateliers pour enfants, bibliobus, arbre à palabre, soirée dansante.....
Restauration sur place (fouée à la sauce africaine),  le dimanche midi repas partagé
Entrée libre et parking gratuit
Programme détaillé avec horaires à venir

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19 mars 2009

Zenga-Zenga Théâtre au 2e Festival Culturel Panafricain d'Alger (Panaf)

La troupe Zenga Zenga représentera le Congo lors de la 2e édition du Festival culturel panafricain d'Alger (Panaf)

La troupe théâtrale Zenga-Zenga représentera le Congo à Alger en Algérie, à l'occasion de la deuxième édition du Festival panafricain d'Alger (Panaf), du 5 au 20 juillet prochain, aux côtés de dix-sept autres troupes de théâtre nationales. La troupe congolaise y présentera la pièce «Sur la braise», tirée du roman éponyme de l'écrivain Henri Djombo, d'après une adaptation de Mue Puati Luemba, avec une mise en scène de Georges M'Boussi.

«Sur la braise» est à la fois un cri d'espoir et une parole de révolte contre les tares et les blessures qui gangrènent la société et la condamnent à la dérive par la violence aveugle et l'arbitraire. Le héros de cette pièce s'appelle Niamo, un jeune cadre sorti fraichement de l'institut des sciences économiques, prônant la justice et le savoir-faire, qui se retrouve chassé de son poste à cause de sa rigueur.

Ce spectacle est une interpellation au changement de mentalité, prélude aux autres formes de changement. «Ma littérature est un témoignage pour attirer l'attention du plus grand nombre sur plusieurs sujets, une manière de donner ma position sur tout ce qui se passe et ma contribution au changement parce que j'ai conscience de ce qui se passe. La littérature doit jouer un rôle pédagogique pour la formation de l'homme», estime l'écrivain Henri Djombo.

En marge de cet événement, le metteur en scène Georges Mboussi participera à un colloque qui réunira des professionnels du théâtre à Alger sur le thème du théâtre en Afrique.

Par ailleurs, le Panaf 2009 rendra un hommage aux figures emblématiques du théâtre africain telles que Jean-Pierre Guingame (Burkina Faso), Habib Denbili et Fanta Diawara (Mali) et Kously Lamako (Tchad).

La deuxième édition du Panaf se tient quarante ans après la première édition en 1969. «Cette deuxième édition offre une nouvelle occasion à l'Afrique de montrer l'extraordinaire diversité de ses peuples et son éclatante créativité dans tous les domaines culturels et artistiques», a estimé Khalida Toumi, la ministre algérienne de la Culture.

Outre les spectacles auxquels seront associés les plus grands noms de la scène africaine et internationale, les participants au festival seront informés de projets emblématiques, tels que l'Institut culturel panafricain ou encore, le grand musée d'Afrique.

Désirée Hermione Ngoma

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18 décembre 2008

Sur la Braise

Sur la Braise, un roman d'Henri Djombo joué par la troupe Zenga-Zenga sur la scène du Centre Wallonie Bruxelles de Kinshasa

En marge de la 2édition des rencontres des écrivains du fleuve Congo, la troupe théâtrale de Brazzaville Zenga-Zenga a joué le 29 novembre sur la scène du Centre Wallonie Bruxelles de Kinshasa, Sur la Braise, une pièce tirée du roman éponyme d'Henri Djombo, adaptée par Mué Mpuati Loemba. La mise en scène est signée Georges M'Boussi.

Sur la Braise relate l'histoire de Niamo, un jeune cadre sorti de l'Institut des sciences économiques de Bocaville, la capitale du Boniko. Ce jeune cadre est victime d'un cannibalisme bureaucratique, alors qu'il fait ses premiers pas dans l'administration de son pays. Détourné de son poste de chef d'entreprise, il s'enfonce dans un univers tissé de passions de toutes sortes, de violences gratuites, mais aussi de plaisirs fous et de joies éphémères. Prônant la justice et le savoir-faire au sein de son entreprise, il est chassé de son poste à cause de sa rigueur.

Les acteurs ont réussi à captiver l'attention des spectateurs durant toute l'heure qu'a duré la pièce, interprétant avec brio les différents personnages. Cette pièce est à la fois un cri de révolte et une parole d'espoir contre les tares et les blessures qui gangrènent la société et la condamnent à la dérive de la violence aveugle, de la gabegie, de l'arbitraire. Le héros se bat pour la survie et le triomphe des valeurs sociales et morales. « J'ai été très ému par ce que j'ai vu, de voir ma pensée s'exprimer physiquement. Cela me fait réfléchir » a déclaré l'auteur du roman.

« Cette pièce est une invitation au changement de mentalité à tous les niveaux de la société afin de promouvoir l'excellence, les bonnes pratiques sociales, morales, pour que nous puissions construire les nations. Assurer l'esprit de justice partout. Si nous n'avons pas de critères objectifs et rigoureux pour gérer la cité, il reste évident que nous n'aurons pas les résultats que nous voulons », a-t-il poursuivi. « Cette pièce est une quête envers des cadres sérieux sans lesquels nous ne pourrons construire notre société et réaliser notre idéal car nous avons besoin d'une société calée sur la morale », a-t-il renchéri.

La troupe théâtrale Zenga Zenga s'est donnée pour mission d'être un outil de travail expérimental à la découverte des auteurs classiques et francophones, en faisant entrer dans le même jeu, acteurs, musiciens, spectateurs, auteurs et metteurs en scène. Parmi les pièces que la troupe a déjà jouées, citons L'état honteux, de Sony Labou Tansi, et Les deux vies, de Bernard Tchibabéléla.

De notre envoyé spéciale Désirée Hermione Ngoma

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28 octobre 2008

Le comédien Paul Milongo n'est plus de ce monde

Paul Milongo, alias Ebendé Kilo a tiré sa révérence le 3 octobre dernier. Mapaulo pour les intimes, a incarné pendant longtemps des personnages emblématiques dans les grandes créations du centre de formation et recherche en art dramatique, notamment le roi Christophe dans la tragédie du Roi Christophe d'Aimé Césaire, le marchand dans l'exception et la règle de Bertold Brecht et, le féticheur Bobolo dans la marmite de Koka Mbala de Guy Menga. Pétri de talent, Paul Milongo s'est forgé une grande réputation dans le monde théâtral et, restera gravé à jamais dans certains mémoires. Paul Milongo qui s'est toujours montré optimiste sur l'avenir du théâtre au Congo, a été une véritable étoile. Une étoile qui s'est éteinte après avoir scintiller pendant plus de 30 ans dans le ciel du théâtre congolais. L'illustre disparu est resté disponible jusqu'aux derniers jours de sa vie.

Sheila Elphie Tsana

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20 octobre 2008

"Totem sans tabous" de Jean-Marc Poaty.

La compagnie de théâtre Tiesese s'est produite le 12 octobre 2008 au Centre de formation et de recherche en art dramatique (CFRAD). Elle a présenté la pièce Totem sans tabous, d'après une mise en scène de Mue M'puati Luemba.

Quatre personnages principaux sont au centre de cette pièce, à savoir Likundi, Titek, Jaga, Mâ Nkazi, interprétés respectivement par Richilvie Babela, Charmine Manguila, Clément Moutissa et le metteur en scène également acteur, Mue M'puati Luemba. Totem sans tabous est une peinture sociale marquée des influences culturelles traditionnelles de certaines ethnies du Congo. C'est l'histoire de Mâ Nkazi, chef de clan des Muenzi, qui, avant de mourir, donne sa bénédiction à son neveu Likundi et à sa nièce Titek, des jumeaux de sa regrettée sœur Mâ Nzinga. Il sacre le jeune homme impatient chef de famille et transmet à la jeune fille douce, joviale et sensible au monde invisible neuf cauris porteurs de richesses pour leur clan tout entier. Neuf ans plus tard, les deux adolescents ayant grandi, deviennent parrain de leur vie et de celle des membres du clan. Ils affrontent quotidiennement la vie moderne. Titek se marie à Jaga qui est pour elle le prototype du prince charmant moderne tandis que Likundi, encore célibataire, est en quête d'une compagne. L'énigme de cette pièce réside dans le devenir des pouvoirs respectifs des jumeaux dans une société civilisée.

L'auteur de cette pièce, Mue M'puati Luemba, de son nom Jean-Marc Poaty, a signé plusieurs œuvres de poésie et de théâtre, son domaine de prédilection. Il est arrivé au théâtre après des études de gestion. Il a adapté au théâtre plusieurs auteurs congolais tels que Tati Loutard, Sony Labou Tansi, Henri Djombo. Il se définit comme «un re-écrivain, un re-créateur», car la vraie écriture n'existe pas pour lui. La compagnie Tiesese a pour vocation de faire la promotion et la vulgarisation de la culture et de l'art congolais à travers ses différentes créations artistiques tant au niveau nationale qu'international, tout en s'intégrant dans la culture universelle et en prônant l'unité dans la diversité.

Désirée Hermione Ngoma.

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17 octobre 2008

Badou enterré sous terre depuis 16h ce jour 16/10/2008

par Janvier Nougloi

Il est parti pour ne plus revenir. Ange Marie Badou ne vivra que par ses œuvres. Depuis hier, les cérémonies entrant dans le cadre de son inhumation ont démarré et les hommages lui sont rendus. Le monde artistique, la presse et ses proches lui rendent un hommage mérité. Des témoignages et autres marques de sympathie fusent de toutes parts pour qualifier les mérites et les prouesses réalisées par l’homme.

Encore une fois, des éloges dithyrambiques ont ponctué les discours et les honneurs rendus à l’illustre disparu. Connu beaucoup plus pour son côté comique à cause des rires et sourires qu’il est arrivé à arracher aux coeurs meurtris, Dah Badou fut une icône du monde artistique béninois. Celui qui a su positiver ses défauts physiques pour les mettre au service du théâtre et de la culture est resté dans l’esprit et demeurera encore pendant longtemps.

Comme Théodore Béhanzin, parti lui aussi dans des conditions très affreuses, Ange marie Badou, en rejoignant l’au-delà, aura, en dépit de tout, marqué l’histoire culturelle et artistique béninoise. « L’artiste est mort, vive l’artiste », diront beaucoup. Mais la disparition tragique de Dah Badou qui ne présentait aucun signe extérieur de souffrance, malgré le mal qui le rongeait, selon certains témoignages, devrait amener les artistes à se pencher encore une fois sur l’après-artiste.

En réalité, après tous les services rendus à la nation à travers diverses activités ludiques et artistiques, que réserve l’Etat béninois à leurs familles respectives ?

Décoration à titre posthume, diront certainement la plupart des Béninois. Mais en réalité, que deviennent la famille et les enfants des disparus qui auraient pu bénéficier de l’attention de leurs parents pour un meilleur avenir ? Certes, les bonnes volontés et les cœurs généreux, sous le coup du choc nouveau, manifesteront leur générosité à la famille restreinte du disparu. Mais pour combien de temps cela va-t-il durer ?

Voilà qui repose la question du soutien des artistes dont les œuvres amusent plus d’un au Bénin. Lorsqu’on se rend compte du travail de fond que font les artiste à travers la création d’œuvres de l’esprit, il y a de quoi le leur reconnaître. Sans eux, le monde manquerait sûrement d’un grain de sel. Pour preuve, qui des Béninois n’a jamais eu l’occasion de fredonner une chanson, de faire un geste de la tête en écoutant les mélodies de chez nous ?

Si on pouvait savoir combien de personnes retrouvent le sourire perdu avec les prestations d’œuvres artistiques, on apprécierait les choses à leur juste valeur. C’est justement pour cela que l’Etat béninois doit créer des structures de soutien qui doivent véritablement fonctionner et être utiles aux artistes avant et après leur mort.

Dah nous a laissé des spots publicitaires. Il a su, bien avant le changement, annoncer que « le développement passe par le changement des mentalités, le changement du corps de la tête et la tête de la tête ». Ce mérite est à son actif.

Je pense, pour ma part, que la disparition tragique de Dah Badou doit faire revenir le débat sur la nature du soutien à apporter aux artistes. Les artistes doivent avoir au sein de la société béninoise un statut bien défini. Du moins, c’est ce que je crois. Et c’est ma conviction !

                                                                                                                                                            Janvier Nougloi

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13 octobre 2008

DAH BADOU Ange, paix à son âme

DÉCÈS DE L’HUMORISTE DAH BADOU
Le parcours atypique d’un maître du rire

Photo17

L'un des plus grands humoristes du Bénin s'est éteint

Le monde artistique et culturel du Bénin est éploré. Depuis le 03 octobre dernier, l’artiste comédien et animateur de radio, Ange- Marie Hugues Badou alias dah Badou a tiré sa révérence des suites d’une courte maladie, laissant ainsi, ses parents, ses pairs, ses fans dans la consternation totale.


  « Son rire faisait rire… » Se rappelle une jeune femme émue par la nouvelle de la mort du comédien Dah Badou. Comme cette femme, personne n’est indifférent à la mort de ce visage qui a su parfaire l’art du rire pour se moquer de lui-même et de nos travers. Beaucoup ne le savaient pas malade mais, le comédien était resté plusieurs jours alité pour cause de maladie. Malheureusement, malgré la vigilance et le professionnalisme du personnel soignant de la clinique Boni, l’artiste a succombé à son malaise.

   Un personnage atypique

   Homme de scène, Dah Badou ne se faisait pas prier pour arracher un sourire ou susciter l’hilarité autour de lui. Son gros ventre exhibé à merveille pour faire rire, l'écartement de ses dents de devant constituait un atout irrésistible dans le physique de l’humoriste et dans son expression artistique. «Il est difficile de lui résister. Rien qu’à le regarder, on ne pouvait pas s’empêcher d’éclater de rire » déclare, Hippolyte, un de ses fans. Faire rire et sensibiliser les populations béninoises avec la satire et la blague les chansons populaires sur les ondes de radio étaient devenues la raison de vivre de ce personnage hors du commun. Sur scène, il ne tarit pas non plus d’inspirations pour tenir en haleine le public. Révélé dans les spots télévisés avec son ventre proéminent brandi par dérision, Ange Marie Badou alias Dah Badou a opéré une mutation de son art pour se trouver des talents de réalisateur de film. Il a à son actif plusieurs productions de fou rire et de satire sociale. Danseur et chorégraphe, il active aussi son génie dans la géomancie et joue souvent le rôle de devin dans nombre de productions. Il a participé à plusieurs festivals de théâtre et d’humour tant en Afrique qu’en Europe. Avec des centaines de spots publicitaires à son actif, Dah Badou a fait valoir son talent dans plusieurs pays.

   Décédé à 42 ans, Dah Badou a connu un parcours atypique. Après ses études, il a opté pour le métier de jardinier. Mais déjà, il se découvrait des talents de comédien, car son sens de l’humour était l’un de ses meilleurs atouts pour s’attirer la clientèle. Plus tard, il décide de professionnaliser son art, c’est ainsi que le Complexe Artistique Culturel Kpanlingan lui ouvre ses portes en 1996. Pendant douze ans il demeurera le maître chorégraphe de cette formation artistique. En novembre 1996, la pièce «L’île des Esclaves» de Marivaux mise en scène par les Béninois, Antoine Dadélé et Théophile Ayihouzonon le révèle au festival du Niger à Maradi. En 1997 il entreprend une tournée internationale avec le Ballet folklorique d’Haïti avec comme metteur en scène, l’haïtienne, Nicole Lumarque. En Mai 1998 c’est le festival d’ Antony en France qui l’accueille avec la Compagnie «Impala Pala» du metteur en scène congolais Georges M’bousi qui a mis en scène un texte de Florent Couao Zoti. En Février 2003, Février 2005 et Mars 2007, Dah Badou est resté fidèle au Festival International du Théâtre du Bénin (Fitheb), par sa participation en qualité de comédien dans des mises en scène respectives de Tola Koukoui, Antoine Dadelé, Alougbine Dine, Lazare Houetin. En Juillet 1999 l’illustre comédien béninois est admis au festival International de Limoges (France) avec la Pièce «Errance» de la Belge, Anita Fan Bel. L’année suivante, on le rencontre au Festival International d’Avignon toujours en France. Interpellé par l’indiscipline de ses concitoyens, il sort en mai 2007, un feuilleton intitulé, «Trop de Désordre », une satire sociale en cinq volumes. Toujours dans le même esprit, il réalise en Juin 2008 le film «Le choix du Peuple», une satire politique, un long métrage de 2h2Omn. Son dernier film « Mon Beau, belle Mère » est un long métrage de 1h45mn. Comédien publiciste, très sollicité, Dah Badou a également participé à la réalisation de plusieurs films avec les acteurs béninois. Actuellement directeur de la Compagnie «BK» composée de comédiens Publicistes, il foisonne de projets pour un avenir radieux du secteur artistique au Bénin. Malheureusement, la mort ne lui a pas laissé plus de temps…

Auteur(s) / source : Franck Raoul PEDRO

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